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Le Sabbat de la Création

Sauveur et Créateur

Pendant l’année 2009 les gens dans le monde entier commémorent le 200ème anniversaire de la naissance de Charles Darwin, et le 150ème anniversaire de la publication de son livre le plus important, De l’Origine des Espèces.

Ekkehardt Mueller

Introduction

           1. Le Débat Evolution-Création

 Pendant l'année 2009 les gens dans le monde entier commémorent le 200ème anniversaire de la naissance de Charles Darwin, et le 150ème anniversaire de la publication de son livre le plus important, De l'Origine des Espèces.

 Voici quelques opinions sur le débat entre l'évolution et la création, et autres concepts qui s'y rattachent, tels que la Chute. Toutes les citations suivantes viennent de la part de personnes qui se considèrent comme étant chrétiennes :

Francisco J. Ayala, scientifique et philosophe, a écrit : « L'évidence en faveur de l'évolution est accablante... »[1] « L'évolution a eu lieu... c'est un fait. »[2] « Le plus grand accomplissement de Darwin a été de montrer que l'organisation complexe, et la fonctionnalité des êtres vivants, peuvent être expliquées comme étant le résultat d'un processus naturel, d'une sélection naturelle, sans avoir besoin de faire appel à un Créateur ou autre agent étranger. »[3]

D'autre part, le scientifique Cornelius G. Hunter affirme : « Comment donc l'évolution peut-elle être un fait, alors que l'évidence positive ne la soutient pas très bien ? La réponse est que l'évolution est considérée comme un fait parce que les darwinistes croient avoir prouvé l'erreur de l'alternative : la création divine. »[4] « Le darwinisme dépend de la religion, mais seulement pour dépasser la théorie opposée...L'évolution, par défaut, devient le filtre pour tout ce qu'on observe dans la nature, même si ça passe de travers. »[5]

Le scientifique-théologien anglais Arthur Peacocke adopte une position différente. Il déclare : « La mort biologique ne peut plus être considérée de quelque façon comme étant la conséquence de quelque chose que les humains sont supposés avoir fait dans le passé, puisque l'histoire évolutionnaire montre que c'est le moyen par lequel ils sont apparus... L'interprétation traditionnelle du troisième chapitre de la Genèse  qu'il y a eu une « chute » historique, une action par nos progénitures humains qui expliquerait la mort biologique, doit être rejetée...Il n'y a pas eu d'âge d'or, pas de passé parfait, pas d'individus 'Adam' ou 'Eve' de qui tous les êtres humains sont descendus, et qui étaient parfaits dans leurs relations et comportement. »[6]

Le théologien Christopher Southgate parle d'un « appel spécieux, et tout aussi non scientifique, à une chute historique... »[7] Et la philosophe-théologienne « Patricia A. Williams fait objection aux récits de la chute... Selon sa perspective, il y a une mauvaise lecture de Genèse 2-3, qui [selon elle] n'a pas été lu correctement par Paul, voila bien longtemps, afin de fournir la 'catastrophe' pour laquelle l'événement-Christ est notre 'secours.' »[8] Ceci, au moins, est bien clair au sujet de ses implications. S'il n'y a pas eu de creation, il n'y a pas eu de Chute, et la venue de Jésus ne signifiait pas le salut pour le péché de l'humanité. Bien des chrétiens sont inconsistants en croyant en Jésus comme Sauveur, tout en le reniant comme Créateur.

 

          2. Colossiens 1 :15-20

Nous laissons maintenant de côté ces diverses opinions, et écoutons l'Ecriture. Dans Colossiens 1 :15-20 nous trouvons un des hymnes les plus puissants de Paul sur Jésus Christ.

« Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui.

Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l'Église; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix ».

 

I. Contexte

 

          1. Le Contexte Historique

 Colosse était une ville à quelques 11 miles de Laodicée, et 13 miles de Hiérapolis, avec ses sources d'eau chaude. On en connait encore le site. J'ai marché sur la colline où la dernière partie de Colosse est ensevelie. Aucune ville moderne n'a été construite sur les ruines. Toutefois, Colosse n'a jamais été fouillée.

 L'église chrétienne de Colosse a probablement été fondée par Epaphras. Il a également eu un Rolle dans la fameuse histoire concernant Philémon et son esclave fugitif Onésime, converti par Paul à Rome. Mais l'église avait des problèmes par suite de fausses doctrines.

Nous ne connaissons pas la nature exacte de l'hérésie, mais nous pouvons en reconnaitre certains éléments en considérant les réfutations de Paul. La lettre aux Colossiens fait un portrait de Jésus dans les termes les plus élevés. L'hérésie devait réduire la proéminence de Jésus.

Dans Col. 2 :8 Paul met en garde contre « la philosophie et une vaine tromperie » ce qui pourrait faire allusion aux éléments hellénistiques de cette hérésie. Selon Col. 2 :18 les anges étaient adorés. Les « rudiments du monde » sont mentionnés dans Col. 2 :8,20.

Des formes extrêmes d'ascétisme, associées a des expériences mystiques ont pu accompagner cette hérésie (Col. 2 :16), et finalement, l'hérésie a pu contenir des éléments juifs, tels que la circoncision (Col. 2 :11 ; 3 :11) et les références aux festivités (Col. 2 :16). Paul mentionne également les « traditions humaines. » Il est probable que les fausses doctrines aient été un mélange d'idées juives et païennes, qui attiraient beaucoup de gens.

Comment aider l'église ? La lutte de Paul pour les chrétiens de Colosse est évidente dès le début de la lettre quand il parle de la vérité (Col. 1 :5,6), des instructions fideles d'Epaphras (Col. 1 :7) ainsi que de son propre désir pour les Colossiens de grandir dans la connaissance de Dieu (Col. 19,10). La solution pour ce problème de l'hérésie se trouve en Jésus, la compréhension correcte de Sa nature et de Son ministère, et une vie qui suit l'exemple du Maitre.

 

          2. Le Contexte Littéraire

 Apres une courte salutation au début de sa lettre (Col. 1 :1-2) Paul exprime sa gratitude et prie pour l'église (Col. 1 :3-14). Le paragraphe se termine avec un message rassurant sur la certitude de notre salut, et l'assurance du pardon de nos péchés (Col. 1 :13-14).

 

Comment cette rédemption est-elle devenue possible ? Elle est devenue une réalité en Jésus. Dans le cantique qui suit, Paul s'attarde sur Jésus, louant Son œuvre et Sa suprématie (Col. 1 :15-20).

 

II. Le Texte

 

          1. La Structure

 

La première partie de cet hymne extraordinaire insiste sur Jésus comme Créateur (versets 15-16). « Il est... le premier-né de toute la création. » « Car en lui ont été créées toutes choses...Tout a été créé par lui et pour lui. » (versets 15-16).

 

Cet hymne se termine de manière parallèle (versets 18b-20), avec Jésus comme réconciliateur et rédempteur « en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix ».

 

« Il est... le premier-né d'entre les morts...Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même... » (versets 18b-20).

 

Remarquez :

 

(1) Il y a le premier-né de toute la creation et le premier-né des morts.

(2) En lui et par lui toutes choses ont été créées, D'un autre côté : En lui habite la plénitude, et par lui toutes choses sont réconciliées.

(3) toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre...  en lui ont été créées. Et en lui tout est réconcilié tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux.

 

La même personne qui a créé toutes choses est capable de réconcilier toutes choses par son sang répandu sur la croix. La partie du milieu du cantique-versets 17 et 18-souligne que toutes choses subsistent en lui. Jésus est celui qui soutient. Tout dépend de lui et de son soin.

 

Le cantique sur Jésus présente sa grandeur qui englobe tout comme créateur, sustentateur, et rédempteur de la totalité du cosmos. Ces aspects de l'œuvre de Jésus ne peuvent être séparés les uns des autres.

 

          2. Jésus comme Créateur

 

          a. La Perspective Unique du NT

 

Le NT ajoute une dimension unique au sujet de la création dans l'AT. Nous sommes bien habitués à avoir une vision de l'AT et du NT quand il s'agit de l'enseignement biblique. Et c'est bien.

Mais imaginez que nous n'ayons que l'AT. Ce que nous entendrions sur la création serait impressionnant. Nous apprendrions que Dieu a créé toutes choses, y compris l'humanité. Cette création est relativement récente,  de quelques milliers d'années, et n'a demandé que quelques jours pour être complétée. Plus tard, la chute a changé, non seulement la relation de l'humanité avec Dieu, mais aussi introduit la mort dans la création, et a également affecté l'écosystème.

     I.        Cependant, sans le NT certains aspects de la création ne seraient pas entièrement clairs. Bien que l'AT indique Jésus comme Créateur de manière cachée (par exemple le pluriel dans Gen. 1 :26), c'est le NT qui montre clairement que Jésus-Christ, pleinement humain et pleinement divin, est le Créateur de toutes choses (Jean 1 :3 ; Col. 1 :15-16 ; Heb 1 :2,10). Ces versets excluent Jésus du domaine des êtres créés. Son rôle ne s'est pas terminé avec l'apport du salut. Il nous a aussi créés, et s'intéresse personnellement à chacun d'entre nous. De plus, la perspective cosmique, qui comprend plus que la création que nous rencontrons, est présentée bien clairement dans le NT.

Jésus nous a aussi laissé des déclarations personnelles au sujet de la création, par exemple, quand il dit que le Sabbat a été fait pour l'homme (Marc 2 :27-28), ou quand il confirme le récit de la création : « ...au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair... » (Marc 10 :6-8). Ailleurs, il parle « du monde que Dieu a créé » (Marc 13 :19). Il mentionne aussi Abel, le fils d'Adam et Eve le considérant comme une personne actuelle qui a vécu sur la terre (Matt. 23 :35).

Les auteurs du NT ont suivi l'exemple de Jésus, et continuellement ont rattaché la création, la chute, et le salut. L'un dépend de l'autre. Pas de création-pas de salut. D'après le dernier livre de l'Ecriture, dans un temps de crise, le peuple de Dieu des derniers temps appelle la race humaine à revenir à l'adoration du Dieu Créateur.

Retournons à notre texte, et voyons ce qu'il dit sur Jésus. Les diverses phrases sont toutes, d'une façon ou d'une autre, rattachées au concept de la création.

 

          b. Jésus dans Col. 1 :15-20

 

(1) L'Image de Dieu

Col. 1 :15-20 « Il est l'image du Dieu invisible ». Les versets 13 et 14 montrent clairement que l'on parle de Jésus-Christ. Que Christ est l'image de Dieu signifie que, de quelque manière, le Dieu invisible qui nous a créés et nous sauve devient visible et entre dans notre sphère. Christ participe à la nature de Dieu et le révèle parfaitement en forme humaine.

 

(2) Le Premier-né

 

Jésus est aussi le premier-né de toute la creation. Ce texte a été fréquemment incompris. Comment l'Ecriture comprend-elle « premier-né » ? Le premier-né humain profitait de son droit d'aînesse (Gen. 43 :37) ainsi qu'une double portion de l'héritage (Deut. 21 :16-17). Le fils premier-né du roi recevait le royaume (2 Chron. 21 :3). Les chefs des tribus d'Israël étaient le premier-nés (1 Chron. 5 :12).

Cependant, dans certains cas, des personnes qui originalement ne faisaient pas partie de la catégorie des premiers-nés ont été faites premier-nés. Par exemple, Manassé était le premier-né (Gen. 41 :51) mais Ephraïm, le deuxième, a pris sa place (Gen. 48 :20 ; Jer. 31 :9 ; cf. 1 Chron. 26 :10 ; Exode 4 :22).

Le Psaume 89 nous éclaire. Il décrit l'amour et la fidélité de Dieu. Il a fait une alliance avec David et a promis que son trône allait perdurer. Parlant de David, Dieu dit au verset 27 : « Je ferai de lui le premier-né, Le plus élevé des rois de la terre. » David, qui était le huitième enfant de ses parents (1 Sam. 16 :10-11), serait fait le premier-né. Ce que cela signifie est exprimé dans la seconde partie du verset : David, comme premier-né serait le plus grand des rois. L'alliance avec David fut finalement réalisée dans le Messie, le fils de David.  Ps. 89 :27 n'insiste pas sur le fait d'être né, ou d'être le premier chronologiquement, mais insiste sur le rang spécial, et l'autorité du premier-né.

Dans Colossiens, la question n'est pas de savoir si Jésus est né ou a été créé. Le problème est qu'il est celui par lequel la création est devenue possible. Ceci est accentué au verset suivant : Il a créé toutes choses. S'il a créé toutes choses, lui-même n'a pas été créé. Mais il n'est pas né non plus dans l'éternité passée. Paul met en parallèle le « premier-né de la création » au verset 15 avec le « premier-né d'entre les morts » au verset 18. Comme Jésus est le premier-né de la création, il est également le premier-né des morts. Mais même comme premier-né des morts dans un sens temporel, il ne l'a pas été. D'autres ont été ressuscités avant lui. Il a été le premier en ce sens que toutes les résurrections, passées ou futures, dependent de sa résurrection. Sans sa résurrection, aucune résurrection n'était possible.

Le verset 18 montre ce que signifie Jésus le premier-né, à savoir, « afin d'être en tout le premier ». Tout comme dans le Psaume 89, ici également, être le « le premier-né » est associé avec le fait d'être le roi suprême et souverain de l'univers. Il est le Roi de la Creation, et il est le Roi de la résurrection. La creation et la résurrection ne sont possibles qu'en lui.

 

(3) Le Créateur de toutes Choses

 

Le verset 16 commence et finit avec l'affirmation que toutes choses ont été créées par lui. La liste des réalités créées au verset 16 est intégrale, et présente un tableau cosmique : ciel et terre, le visible et l'invisible, et tous les dirigeants et autorités. Ceci ne donne pas de place pour Jésus de faire partie du monde créé. Il a créé non seulement ce monde avec son système solaire, mais tous pouvoirs et autorités, et il les surpasse tous.

 

(4) Celui qui est Préexistant

 

Jésus est avant toutes choses (Col. 1 :17). Cette déclaration parle de sa préexistence. Non seulement il vivait avant son incarnation, mais il existait avant toute autre chose. Nous pouvons reculer dans l'éternité aussi loin que possible, il n'y a pas de temps ou Jésus n'existait pas. Il n'est ni créé, ni né, mais il est le Dieu Créateur.

 

(5) Le Sustentateur de Toutes Choses

 

Jésus est aussi celui soutient (Col. 1 :17). Toutes choses qui ont été créées par Jésus sont maintenant soutenues par lui. Ce verbe indique l'activité continue de Jésus pour soutenir toutes choses. En tous temps, et même durant son incarnation, Jésus a soutenu sa création. Sans cette « activité sustentatrice continue... tout se serait désintégré ».[9] « Aucune créature n'est autonome. »[10]

 

(6) Le Commencement

 

Au verset 18, Jésus est appelé le commencement, ou souverain (Col. 1 :18). Dans sa lettre Paul emploie ce mot de manière consistante, dans le sens de « Souverain » (1 :16, 18 ; 2 : 10, 15). Jésus est le roi suprêmes. D'après Apoc 3 :14, Jésus est l'origine, ou souverain, de la création de Dieu.

 

(7) Le Chef

 

De la même manière il faut comprendre l'idée de direction (Col. 1 :18 ; 2 :10,19). La notion que Jésus est la tète du corps, l'église (Col. 1 :18 ; 2 :19) est élargie dans Col. 2 :10. Jésus est le chef de tout gouvernement et toute autorité. Il est assis à la droite de Dieu (Col. 3 :1).

 

(8) Celui qui a la Première Place en Toutes Choses

 

Jésus, qui a créé toutes choses, et soutient toutes choses, aura la suprématie sur toutes choses. Ceci inclut « les deux grands derniers ennemis de l'humanité, le péché et la mort. »[11]

 

(9) Toute la Plénitude Habite en Lui

 

Col. 1 :19 attribue la plénitude à Jésus-Christ. Ce que cela signifie est davantage développé en Col. 2 :9 « Car en lui [Jésus] habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » L'essence même de la divinité se trouve en Jésus, et même en lui incarné. Ainsi, il a la possibilité de créer par sa parole et d'appeler les choses à l'existence.

 

(10) Le Réconciliateur

 La réconciliation de toutes choses par Jésus-Christ est accentuée dans Col. 1 :20 et appliquée aux chrétiens (verset 22). L'activité salvatrice du Père, mentionnée en Col. 1 :13, et l'activité salvatrice du Fils, font référence à la même réalité. Le mot « tout », et la sphère de réconciliation, soit le ciel et la terre, reflété précisément ce qui est dit au sujet de la création, au verset 16. Jésus, le Dieu Créateur, est aussi Jésus, le Dieu Sauveur. Jésus a racheté une création universelle. Il « effectue une réconciliation générale et... poursuit un règne universel. »[12]

 

          c. Sommaire

 Prise dans sa totalité, cette merveilleuse description de Jésus accentue Jésus comme créateur. Il est en même temps Sustentateur et Sauveur. Dans notre cantique et son contexte, Paul suit le récit de la Genèse qui va de la création (Gen. 1-2) à la chute (Gen 3) et à la promesse du salut (Gen. 3 :15).

Les concepts de la création et du salut sont reliés de manière inséparable. Par conséquent, il n'est pas logique d'abandonner Jésus comme Créateur, ou de réinterpréter son activité créatrice dans un processus évolutionniste, tout en le maintenant comme Sauveur. Prétendre que Jésus nous a sauvés par sa mort sur la croix une fois pour toute, un événement de courte durée dans l'histoire, et maintenir qu'il nous a créés par le moyen d'un processus qui prendrait des millions ou milliards d'années, et inclut la mort comme mécanisme crucial, est inconsistant.

De plus, la puissance créatrice de Jésus est visible dans le fait que ses disciples sont spirituellement re-créés (Eph. 2 :10 ; 2 Cor. 5 :17) et que Jésus a créé son église (Eph. 2 :15). Dans Apoc. 21-22, nous entendons mémé parler d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre. Aucun de ces processus créatifs, qui sont dépendants du sacrifice de Christ sur la croix, ne demande un processus évolutionnaire.

D'un autre côté, s'il est vrai que Jésus est le Créateur, il devrait savoir par quel processus il a accompli sa création. Ses paroles ont un poids qui dépasse toute connaissance humaine. Puisque Jésus est le Créateur, nous ne pouvons parler sur le sujet de la création, et des problèmes liés à la foi et la science, sans nous concentrer sur lui, et le prendre au sérieux.

 

III. Application

           1. Prendre une décision.

 Ou allons-nous maintenant ? Le 3 février 2009, l'Université de Madison-Wisconsin a publié un article contenant un entretien sur la raison ou la foi avec Ronald Numbers. En voici un extrait : « Ronald Numbers, Professeur d'histoire de la science et de la médecine d'Hillsdale... est une des autorités mondiales sur les réponses à la théorie de l'évolution en opposition au créationnisme de Charles Darwin... »

Il est « fils d'un pasteur adventiste du septième jour... a été éduqué dans les écoles adventistes, et a grandi en croyant fermement au créationnisme, et a la lecture littérale de la Bible par son église... Puis, en tant qu'étudiant à l'Université de Californie à Berkeley, il a participé à une conférence sur les forêts fossiles du Parc National de Yellowstone. Ce qu'il a entendu ce soir-là a provoqué une crise de sa foi qui a secoué la base de sa compréhension du monde et de sa place dans le monde. 'Il y avait une fissure dans le barrage. Ce soir, j'ai accepté la possibilité que la vie existait sur la terre depuis 30.000 ans,' diit Numbers. 'Une fois que j'ai décidé d'accepter l'évidence scientifique contre les affirmations inspirées, je ne pouvais plus m'arrêter. Je l'ai su ce soir-là. J'ai commencé à tout remettre en question.' »

En expliquant la foi en la creation, qu'il ne partage plus de toute évidence, il dit :  « Pour les créationnistes, l'histoire est basée sur la Bible et la croyance que Dieu a créé le monde il y a 6.000 ou 10.000 ans. Nous les humains étions parfaits parce que créés à l'image de Dieu. Et puis il y a eu la chute. La mort est apparue et tout le requit [de la Bible] devient une histoire de dégénérations et de détérioration. Puis nous avons Jésus dans le Nouveau Testament, qui promet la rédemption. L'évolution rabat complètement tout cela. Avec l'évolution, vous commencez avec rien qui soit parfait, vous commencez avec des petites choses frétillantes et primitives, qui évoluent en singes puis finalement en humains. Il n'y a pas d'état parfait d'où tomber. Ceci rend tout le plan du salut ridicule puisqu'il n'y a jamais eu de chute. »[13]

Sans question, nous devons faire un choix : ou bien (1) nous acceptons l'enseignement biblique sur la création, ou (2) nous le réinterprétons, ou (3) nous l'abandonnons complètement. Pour certains d'entre nous, cela pourrait être une décision difficile, surtout pour ceux qui sont engagés avec la communauté scientifique. Il semble que l'on doive choisir entre la foi et la science, sans pour autant être prêt a abandonner l'une ou l'autre. Pourtant c'est une décision pour ou contre Jésus, car Il est Créateur et Sauveur, selon le témoignage biblique.

La décision de suivre le témoignage biblique et l'exemple de Jésus peut signifier qu'il faille aller contre le courant. De plus, cela signifie vivre avec un nombre de questions, comme le font les autres, car nous n'avons pas toutes les réponses aux énigmes de l'origine. Par conséquent, ce serait une décision basée sur la foi, faisant confiance à la révélation de Dieu dans Sa Parole.

 

          2. Considérer les conséquences

 Personnellement, je considère cette option la meilleure alternative. Pourquoi ?

(1) Parce que je fais confiance a Jésus et à l'Ecriture, plus qu'en la « philosophie » et la « tradition humaine » (Col. 2 :8 ; 3 :16). Cornelius Hunter écrit : « Si c'est vrai que se tromper est humain, alors la science est très humaine. De l'alchimie aux tablettes de radium, la science a une longue histoire d'erreurs. Mais la science apprend par ses fautes... Les savants apprennent que rien n'est sacré, et même les théories les plus populaires pourraient bien être des erreurs. »[14]

(2) Je l'accepte parce que, accepter la création, me permet d'obtenir une image consistante de la Trinité et de son plan du salut. La question de l'omnipotence de Dieu n'est pas mise en question (Col. 1 :11,16-17). Elle le serait si nous lui assignions une approche évolutionniste pour l'apparition de la vie. Ne peut-il pas faire mieux ? Le Dieu biblique parle, et la chose arrive.

Son équité et sa justice ne sont pas mises en question (Col. 3 :24-25). Si Dieu/Jésus est capable de créer la vie en l'appelant à l'existence, mais utiliserait une approche qui serait la cause d'immense souffrances, et la mort pour des multitudes d'organismes, Dieu serait perçue comme un Dieu cruel et injuste.

Faire venir les êtres vivants par le moyen de la création, tel que cela est décrit dans Gen. 1, affirme l'intérêt et l'amour que Dieu porte à ses créatures Il manifeste un intérêt personnel dans ses créatures et dans leur bien-être (Col. 1 :12-14,22 ; 2 :13 ; 3 :4). Ceci correspond avec son sacrifice sur la croix.

Une perspective créationniste me permet également de voir Dieu comme étant de la plus haute intelligence (Col. 2 :2-3, et un Dieu de beauté qui emploie les procédés les meilleurs pour créer un paradis non contaminées par le pêché et le mal.

(3) Je l'accepte parce que je crois qu'accepter le concept biblique de la création est bénéfique pour l'humanité. Nous n'avons pas besoin de vivre avec des doubles personnalités, ni avons besoin de séparer artificiellement le domaine de la foi de la vie de tous les jours.

Les humains ont leur propre valeur et dignité (Col. 1 :2, 12). Elles ne sont pas un produit de la chance par le moyen d'un processus fastidieux, mais apparaissent directement par l'esprit et la main de Dieu.

Ceci permet une relation consistante avec Dieu de la part de l'humanité, dès le commencement de l'histoire de la terre. D'autre part, c'est Dieu, qui par son omnipotence, établit cette relation. Ceci comprend, parmi d'autres choses, un partage mutuel, des interventions bienveillantes de Dieu, son attention aux prières de ses enfants (Jer. 33 :2-3).

Ceux qui savent qu'ils ont été créés par Dieu ont la possibilité de trouver le vrai sens de la vie, et découvrent le grand plan de Dieu, non seulement pour l'individu, mais aussi pour tout l'univers (Col. 1 :19-20, 25-27). Ils vivent leur vie en suivant l'exemple de Jésus en amour, dans un style de vie éthiquement correct, en service aux autres, et en témoignage (Col. 1 :10,23,28 ; 2 ;2 ; 3 :14).

Ils vivent avec l'espérance de la vie éternelle dans le royaume de Dieu (Col. 1 :5,12-14,27 ; 2 :13).

Ils font l'expérience de la paix (Col. 1 :2,19 ; 3 :15) parce qu'ils peuvent se reposer en Dieu et lui présenter leurs soucis, leurs fardeaux et craintes.

 

Conclusion

 Je prie que nous tous prendrons la décision d'accepter Jésus comme notre Créateur et notre Sauveur, et que nous nous y tiendrons, même par les temps difficiles. Puissions-nous tous faire l'expérience de la joie qui nous vient quand on le suit.

« ...Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui...Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. »

 


[1] Francisco J. Ayala, Darwin and Intelligent Design (Minneapolis: Fortress Press, 2006), x.

[2] Idem., p. 73

[3] Idem., p.19

[4] Cornelius G. Hunter, Darwin's Proof: The Triumph of Religion Over Science (Grand Rapids: Brazos Press, 2001), 10

[5] Idem., p. 11

[6] Arthue Peacocke, Theologie for a Scientifique Age: Being and Becoming-Natural, Divine and Human, edition elargie (Oxford: Blackwell, 1993), 222-223.

[7] Idem., p. 132

[8] Christopher Southgate, The Groaning of Creation: God, Evolution, and the Problem of Evil (Louisville: Westminster John Knox Press, 2008), 29.

[9] Peter O'Brien, Colossians,  Philemon, Tyndale New Testament Commentaries, édition révisée (Grand Rapids : Wm. B. Eerdmans Publishing Company, 1991), 73.

[10] N.T. Wright, Colossians and Philemon, Tyndale New Testament Commentaries, édition revisée (Grand Rapids: Wm B. Eerdmans Publishing Company, 1991) 73.

[11] Wright, 74.

[12] Talbert, 197.

[13] http://www.news.wisc.edu/16176

[14] Hunter, 7.

 

 

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